L’éloge maçonnique I

1 février 2015

Equerre et compasEn ces temps où la politique tout entière s’appuie sur des principes abstraits et galvaudés, dans cette société en manque de repères, et en ces périodes de crises, le peuple fait de moins en moins confiance au pouvoir en place — à tord ou à raison — et nous voyons ressurgir de bonnes vieilles théories complotistes : on nous ment, la vérité est ailleurs, c’est de la faute aux illuminatis. Il y a bien évidemment beaucoup de légendes urbaines dans ces discours ; souvent extraites de romans à intrigues tels « Da Vinci Code »[1] par exemple. Mais tout ceci ne pourrait perdurer sans un minimum de véracité ; juste ce qu’il faut pour maintenir le doute à un niveau suffisant pour que la rumeur s’auto-alimente.
Ceux qui ont l’habitude de me lire savent que je parle souvent de l’idéologie maçonnique et de l’endoctrinement des masses. À mon avis, sans m’enfoncer dans des théories invérifiables, il s’agirait du minimum de vérité qui légitimise les légendes urbaines : n’importe qui sachant ce qu’est la doctrine maçonnique peut constater à quel point elle imprègne la population française presqu’autant voire plus — selon les milieux — que la chrétienté. C’est pourquoi je tente ici d’expliciter ce qu’est la franc-maçonnerie, de parler des loges les plus influentes en France et de leur idéologie respective, et comment au moins l’une d’entre-elles influence directement chacun d’entre-nous au quotidien.

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie?

Les franc-maçons se sont inspirés des confréries de bâtisseurs du moyen-âge, qui étaient déjà subdivisées en loges, pour inventer une nouvelle sorte de confrérie, originaire, quant à elle, de l’esprit des Lumières, et dans laquelle ce qui serait à bâtir ne serait non plus les grandes cathédrales mais bien la pensée philosophique et l’humain (comprenez : son esprit, sa morale). On parle de franc-maçonnerie spéculative pour la distinguer des vrais maçons du moyen-âge qui se retrouvent relégués au rang de « franc-maçonnerie opérative » par nos usurpateurs.
Ils reprennent des bâtisseurs l’essentiel des traditions, hormis évidemment l’art de la pierre, en particulier la présence des rites initiatiques ainsi que quelques symboles. C’est ainsi que l’équerre et le compas deviennent l’emblème de la franc-maçonnerie spéculative (voir l’illustration au début de l’article). C’est aussi pour cette raison que si vous voyez ce même symbole gravé sur le mur d’un vieux monastère, il ne faut pas y voir la présence des illuminatis mais bien celle d’un maître maçon qui, fier de son oeuvre, a laissé sa marque et celle de sa loge.

Les loges recrutent par cooptation ; cela signifie qu’un franc-maçon propose des candidats qu’il juge « digne » parmi ses amis, son entourage.

Les franc-maçons ont pour habitude de relier des concepts et des symboles qu’ils n’ont en général pas inventés mais qu’ils récupèrent de diverses cultures et religions ; cette façon de faire est ce qu’on appelle le syncrétisme. Cette manie de détourner les symboles des autres présente une difficulté pour nous : celle de connaitre l’intention de l’auteur du signe. Ce n’est pas parce que nous voyons un symbole utilisé en maçonnerie que son auteur ni ses destinataires ne soient eux-même maçonniques. Par exemple, chez les étudiants en théologie, le triangle est la lettre grecque « delta » qui signifie simplement « Dieu » ; l’équerre et le compas sont encore utilisés par les compagnons bâtisseurs pour signer leurs oeuvres.
Outre la tradition des bâtisseurs, ils aiment les symboles égyptiens comme la pyramide avec l’oeil au milieu ; qui n’est non plus l’oeil d’Horus mais bien « l’oeil maçonnique de Dieu ». Ils reprennent aussi beaucoup de la symbolique juive et chrétienne : le cièrge qui représente la lumière qui éclaire les nations ; l’autel, lieu de l’offrande, avec le livre sacré posé dessus, l’arche d’alliance, l’étoile de David, et bien d’autres.

Au sujet du secret maçonnique, là encore il est inspiré des bâtisseurs qui gardaient jalousement leur savoir faire et le transmettaient à travers les rites initiatiques et les discutions en loge. Les franc-maçons font toute une propagande pour dédramatiser le secret maçonnique mais comme leur hiérarchie est pyramidale et qu’à chaque niveau il y a une initiation, ceux qui sont en bas de l’échelle ignorent le secret de ceux qui sont en haut ; et, par définition, personne ne connait le secret de celui qui est au sommet de l’échelle. Le secret maçonnique est par essence un ésotérisme ; c’est à dire un savoir accessible uniquement aux initiés. Comme l’art du franc-maçon consiste à faire progresser l’humain et que l’art des bâtisseurs est secret, on a tout de même quelques raisons de s’inquiéter sur les motifs réels d’un tel secret!

Qu’est-ce que l’idéologie maçonnique?

Le Nouvel Ordre MondialL’idéologie maçonnique enseigne que l’homme, en perdition dans un monde de souffrances et de pesanteurs, va se sauver par ses seules forces grâce à la raison et à ce qui en découle : le progrès. Certaines loges sont déistes : Dieu a créé le monde inachevé et a mis une part de sa divinité en l’homme pour que celui-ci parachève le monde. Dieu est donc comme l’horloger qui se retire pour laisser l’horloge fonctionner toute seule. Celle-ci est construite par l’horloger, mais son mouvement ne permet pas de dire qui est son concepteur : les déistes ne croient pas en un dieu révélé qui intervient dans le monde. Dans la plupart des loges déistes, Dieu est appelé « Le Grand Architecte de l’univers » ; mais beaucoup d’obédiences sont athées, parfois même panthéistes. Les franc-maçons ont donc la prétention de sauver le monde, de faire progresser l’humain, en réfléchissant en groupes (appelés : « loges ») sur ceux-ci suivant le mode de la disputatio. C’est à dire que chaque frère de loge réagit à tour de rôle, de manière argumentée et suivant un rituel, à ce qui se dit. Bien sûr — et c’est là que le bât blesse — pour que le fruit de cette réflexion se traduise en effet, il faut que les franc-maçons puissent influencer le monde, de l’échelle de l’individu jusqu’aux super-puissances ; il leur faut donc du pouvoir et un rayonnement médiatique constant.

C’est là où véritablement je montre les franc-maçons du doigt. En effet, s’il s’agissait simplement de cercles philosophiques, nous pourrions trouver cela plutôt sympathique, et certainement que j’aurais alors aimé en faire partie ; mais le problème, c’est qu’ils ont bel et bien la prétention de remodeler la société mondiale à notre insu, nous qui sommes dans l’ombre, qui n’avons pas été éclairé par l’initiation maçonnique!

Suite –>

Au prochain épisode :

La liste des loges maçonniques les plus influentes et leur site web, avec une description de ce qui fait leurs spécificités puis, dans une troisième partie (à venir), un commentaire sur comment elles nous influencent sournoisement.

Clément Adelin

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1 : Dan Brown, The Da Vinci Code, édition originale, éd. Doubleday, 2003, (ISBN   0385504209)  ; Da Vinci Code, éd. française chez Jean- Claude Lattès, 2004 (ISBN   2709624931), édition illustrée (ISBN   2709626934).

Quand Manuel Valls perd ses moyens

11 mars 2015

Aujourd’hui, l’humeur médiatique consistait à tourner en boucle les images et commentaires du drame des hélicoptères de « Dropped »[1]. J’écoutais France Info ce matin et il y avait l’interview de ce monsieur qui a été repoussé du métro par des hooligans britaniques[2] le mois dernier, suivit d’une émission entièrement consacrée à expliquer pourquoi Marine Le Pen est un danger pour la France…

…Là j’ai mon détecteur de fumée qui sonne!

Pas celui que j’ai collé au plafond, non, mais celui que j’ai dans la tête et qui me protège un petit peu de l’enfumage médiatique!
En y réflechissant un peu, cet écran de fumée pourrait tout à fait cacher ceci :

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Qu’y voit-on?
C’est très simple : une jolie jeune femme de 25 ans arborant son plus beau sourire pour rentrer vigoureusement dans le lard de notre premier ministre qui, faible et fragile, encaisse ça moralement, politiquement et, comble du ridicule pour un homme de son rang, physiquement!
Je ne suis pas psychiatre pour en juger mais il faut quand même reconnaitre que l’attitude de Manuel Valls dans cette vidéo ressemble étrangement à ce que l’on nomme une névrose hystérique!

Pourquoi un enfumage maintenant? Éh bien, je suppose, parce que madame Maréchal-Le Pen a posté cette vidéo hier sur Youtube et qu’elle est en train de faire le buzz sur les réseaux sociaux!

Voyons cela de plus près.
Nous sommes à l’Assemblée nationale, le mardi 3 mars 2015. La parole est donnée à Marion Maréchal-Le Pen (ladite jolie jeune femme). Claude Bartolone qui préside cette assemblée semble très serein et l’ambiance paraît — pour une fois — silencieuse dans l’hémicycle ; mais on peut entendre des cris de désapprobation dès qu’il prononce le nom de la députée. Que voulez-vous, c’est cela la démocratie chez les socialistes! Notre bourreau ministériel se présente alors debout entre deux rangées, presqu’au sommet de l’hémicycle, là où se trouve le micro, l’air déterminé mais détendue. Elle prend son texte à deux mains un peu comme on prend le volant d’une voiture : c’est elle qui tient les rênes! Elle donne alors la leçon à Manuel Valls avec méthode et une diction impeccable, utilisant le mot « crétin » comme l’a fait Michel Onfray[3] et citant du Montesquieu. On ne voit pas ses jambes mais on devine, au mouvement des épaules, qu’elle change d’appui entre deux assauts tel un boxeur qui, à peine le coup donné, arme le suivant. Pendant tout son discours, on entend des cris dans l’assemblée et maître Bartolone jouant du maillet d’un air désabusé. Il est très difficile d’entendre ce que crient les députés adverses mais je crois comprendre « ta gueule! » (sic), ou bien encore « vos gueules! » (sic) à plusieurs reprises et avec des voix différentes, pas vous?

Toujours est-il qu’arrive le moment pour Manuel Valls de monter sur le ring ; enfin presque, car il est en bas de l’hémicycle et doit lever la tête pour répondre à son détracteur. il se lève, chancelant tel un homme venant de se prendre un « uppercut » d’un adversaire plus fort que lui, essayant gauchement d’avoir l’air calme et posé ; mais on voit bien les nombreux signes de nervosités qui l’animent : il a le visage rouge, cligne des yeux nerveusement ; il a les bras plaqués contre ses côtes et se tient les mains : il est grièvement blessé moralement et adopte une attitude de replis, d’auto-protection. Il n’est plus ouvert vers son auditoire mais au contraire utilisant ses bras comme une armure pour se protéger d’un ennemi qui le domine. Remarquez d’ailleur qu’il ne regarde pas madame Maréchal-Le Pen en face mais se place de manière à tourner la tête, sa poitrine face à ses alliers qu’il cherche du regard à la fin de chaque phrase. La position du micro permettait pourtant qu’il se place bien face à sa principale auditrice. Il aurait pu aussi jouer du désavantage géographique pour lever ostensiblement le menton en signe de mépris. Au lieu de cela, c’est son corps qui s’exprime pour lui : il évite de lever la tête et regarde en coin telle une bête prise au piège, son corps face à ses alliers car il ne se sent pas la force de combattre mais espère secrètement du soutien.

C’est là que le combat prend une tournure extraordinaire, à 4’52″ très précisément : observez son bras gauche dont le coude est parfaitement figé depuis presque deux minutes déjà : il fait des mouvements avec ses doigts comme on le fait pour éviter un engourdissement. J’ai cru en premier visionnage qu’il tentait de dissimuler des tremblements — symptôme ordinaire d’un trop plein de haine — mais à 5’55″, il essaye de faire un geste les deux mains ensembles et on voit bien qu’il a une perte de motricité importante du bras gauche.

Je vous fais grâce de rentrer dans les détails de son discours qui dénote juste d’un profond manque de respect pour ce qu’est la démocratie : « il faut bien un camp conservateur et un camp du progrès » (!)[4] selon lui! Respect qu’il manifeste autant à l’égard des « petites gens » qui sont quand même 30% des français à qui il faut expliquer les choses puisqu’ils souhaitent voter pour le Front National!

Bref, le premier ministre, le chef de notre gouvernement, se fait dominer mentalement, politiquement, et même physiquement, par une jeune femme de 25 ans à peine, laissant derrière elle non pas une carcasse fumante — quand même pas! — mais bien un petit garçon au bord du malaise vagal ou bien en pleine crise d’hystérie ; en tout cas psychologiquement castré.

Une fois de plus j’ai honte de ceux qui nous gouvernent et j’espère au fond de mon coeur que cette vidéo ne passera pas nos frontières, même si j’ai conscience de l’urgence de montrer au plus grand nombre comment est gouverné notre pays actuellement.

Quant à Marion Maréchal-Le Pen, je ne suis pas militant FN, mais je dois tout de même saluer l’audace avec laquelle elle met le doigt dans l’engrenage, perturbant avec une grande efficacité le système maçonnique que les militants de son parti appellent « UMPS ». Ce faisant, elle se montre en chef, solide, qui ne faiblit pas face à l’adversité mais qui est conscient des réalités de son pays et c’est bien de cela dont à besoin la France! Il nous faudrait un vrai chef qui réparerait les bêtises des grands garçons utopistes qui ont précédé en s’appuyant sur du concret plutôt que sur un idéalisme usé et nous permettrait enfin de relever la tête et de respirer un bon coup!
Bravo madame!

Clément Adelin

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1 : lemonde.fr

2 : francetvinfo.fr

3 : europe1.fr

4 : Si vous ne comprenez pas pourquoi c’est méprisant, je vous invite à relire L’éloge maçonnique III qui traite de l’idéologie maçonnique.

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